Photographier ce qui
échappe au regard.
Je suis Jonas Hangartner, photographe basé à Lavigny, dans le canton de Vaud. Depuis 2022, je construis L’Autre Monde à partir de paysages suisses, souvent photographiés à quelques kilomètres de chez moi.
J’ai grandi en observant ce que les autres traversaient sans forcément le voir. L’infrarouge m’a permis de retrouver cette attention face à des lieux devenus familiers, puis de les montrer sans les expliquer à la place du regardeur.
Revenir sur place.
Je travaille surtout entre la campagne vaudoise, le Jura et les Préalpes. Les images commencent souvent depuis une route parcourue plusieurs fois, un arbre aperçu au loin ou un arrêt pendant une marche. Photographier près de chez moi me permet de revenir et d’attendre des conditions différentes.
Pour Still Standing, je suis retourné voir le même arbre au fil des saisons. Pour White Silence, j’ai protégé l’appareil sous un parapluie pendant que la neige effaçait mes repères. Vortex n’était possible que depuis un angle précis, le seul qui évitait la plupart des lignes à haute tension.
Cette lenteur ne garantit pas une photographie. Elle crée simplement les conditions pour remarquer une relation entre un sujet, une lumière et un cadre. Certaines images arrivent immédiatement. D’autres demandent plusieurs retours ou l’assemblage de moments photographiés séparément.

Pourquoi l’infrarouge.
L’infrarouge n’est pas le sujet de mes photographies. Il est la réponse que j’ai trouvée à une question simple : comment regarder à nouveau un paysage que l’on croit déjà connaître ? L’appareil enregistre une part de la lumière invisible à l’œil. La végétation, l’eau et le ciel cessent alors de suivre leurs couleurs habituelles.
Ce déplacement reste assez proche du réel pour que le lieu soit reconnaissable, et assez éloigné pour interrompre un regard trop rapide. Selon l’image, cette lumière devient couleur, monochrome ou matière interactive. La technique change. La recherche reste la même.
Ce langage prend trois formes. Lumina conserve la couleur et la diversité des paysages. Spectra réduit la scène à un arbre, un relief ou un ciel. Living Frames introduit le temps et le geste dans des images issues du même travail photographique. Les collections avancent dans des directions différentes, mais partent du même territoire et de la même lumière.
Reconnaître sans avoir jamais vu.
Ce qui m’intéresse est ce léger décalage entre ce que l’on reconnaît et ce que l’on ne comprend pas encore tout à fait.
Je ne cherche pas à imposer une signification aux paysages. Les textes accompagnant les œuvres décrivent ce qui est visible, le lieu et les conditions de prise de vue. L’image doit garder assez d’espace pour que chacun puisse s’y arrêter avec sa propre histoire.
L’Autre Monde n’est pas ailleurs. Il se trouve dans les mêmes arbres, routes, lacs et reliefs que nous traversons. L’infrarouge les désaxe juste assez pour que nous prenions le temps de les regarder une seconde fois.

Vivre avec une image.
Le tirage est la forme finale du travail. Chaque photographie disponible est proposée en édition limitée, sur papier Hahnemühle FineArt Pearl ou sur aluminium selon l’œuvre. Les tirages sont préparés et contrôlés à Lavigny, puis imprimés avec Polygraphic.
Dans Living Frames, le tirage reste le point d’ancrage. Une expérience numérique peut prolonger l’image par le mouvement, l’heure réelle ou le geste du visiteur. Elle ne remplace pas l’objet. Elle permet à une même œuvre d’exister comme photographie à collectionner et comme expérience qui continue d’évoluer.
Choisir une œuvre commence sur sa page, avec son histoire, ses formats et ses supports disponibles. Chaque exemplaire est numéroté et accompagné d’un certificat d’authenticité.
Still Standing · Lumina
White Silence · Spectra
Vortex · Spectra